Mécanisme d'action
GHRP-6 favorise la libération de GH endogène et ne remplace pas la protéine GH entière. Howard et ses collègues ont cloné et caractérisé le récepteur ciblé par les sécrétagogues synthétiques, définissant une voie distincte d'un apport de GHRH ou de GH. Chez l'être humain, Bowers et ses collègues ont observé une augmentation de GH circulante avec l'hexapeptide étudié et une réponse combinée plus importante avec GHRH. Ils mesuraient aussi d'autres hormones, avec des variations de prolactine et de cortisol dans certaines conditions. La réponse combinée renseigne sur une interaction endocrine, sans prouver l'équivalence entre sécrétagogues ni un bénéfice fonctionnel durable.
État des preuves
Bowers a étudié en 1990 les réponses aiguës chez dix-huit hommes sains, avec placebo et conditions GHRH. Jaffe et ses collègues ont ensuite comparé une perfusion prolongée de GHRP-6 à une solution saline chez neuf jeunes hommes sains. L'amplitude des pulses et les concentrations intégrées de GH changeaient, avec une hausse d'IGF-I, mais sans modification de la fréquence des pulses dans cette expérience. Ces petits essais caractérisent la dynamique hormonale en conditions contrôlées. Ils ne démontrent pas des améliorations durables de force, de récupération ou du vieillissement ; une hausse de GH ou d'IGF-I ne constitue pas ce résultat fonctionnel. Les travaux de clonage du récepteur complètent le contexte moléculaire sans ajouter une preuve humaine de bénéfice. Les conclusions doivent rester rattachées au peptide, à la population et aux mesures étudiés.
Questions sur l'état de la recherche
- Quelle différence existe entre GHRP-6, GHRH et l'hormone de croissance ?
- GHRP-6 est un sécrétagogue court, GHRH une hormone de libération et GH l'hormone plus grande dont la sécrétion est mesurée. Ce sont des substances distinctes. Une réponse combinée ne les rend pas interchangeables.
- Une hausse de GH ou d'IGF-I prouve-t-elle une meilleure force musculaire ?
- Non. Ce sont des mesures endocrines. Un résultat fonctionnel nécessite des études contrôlées adaptées, mesurant ce résultat dans la population concernée. Les publications sélectionnées étudient surtout les variations hormonales.
- Les résultats de D-Lys3-GHRP-6 ou de GHRP-2 s'appliquent-ils à GHRP-6 ?
- Non. Un antagoniste modifié et un autre sécrétagogue ont leur propre identité et leurs propres effets expérimentaux. Les résultats doivent nommer la molécule utilisée, sans regroupement indifférencié sous GHRP.
Sources
- Bowers et al., J Clin Endocrinol Metab 1990DOI: 10.1210/jcem-70-4-975PMID: 2108187
- Jaffe et al., J Clin Endocrinol Metab 1993DOI: 10.1210/jcem.77.6.7903313PMID: 7903313
- Howard et al., Science 1996 (identification du récepteur des sécrétagogues)DOI: 10.1126/science.273.5277.974PMID: 8688086
- Cabrales et al., Eur J Pharm Sci 2013 (pharmacocinétique humaine du peptide intraveineux)DOI: 10.1016/j.ejps.2012.10.006PMID: 23099431
